Ces kilos émotionnels

Je n’ai jamais été un petit gabarit. Je n’ai jamais eu une morphologie dite fine.

En primaire, je dépassais mes petits camarades. Au collège, j’avais déjà des formes bien féminines. J’ai été sujette longtemps à des remarques et moqueries.

J’ai fais pendant plusieurs années le yoyo côté poids à l’aide de régimes, de sport à outrance.

Il y a 5 ans, je suis tombée dans les TAC: je me nourrissais d’une pomme et faisais 3h de sport. Et si j’avais le malheur de manger plus, mon repas finissait aux toilettes. Glamour non?

Mon poids est descendu très bas. Seuls des résultats d’examens médicaux alarmant m’ont fait un électrochoc et il a fallu remonter la pente.

Avec du recul, j’ai commencé ce manège infernal quand mon ex m’avait dit « ta lingerie te va moins bien qu’avant » et Bim!!!

Je suis comme cette partie de la population qui lorsque les choses ne vont pas, se réconforte dans les excès sportifs ou dans la nourriture. Un petit tracas, une phrase mal prise, un sms de haine et hop, un petit gâteaux, puis deux et oh, tiens il y a du chocolat dans le placard… Et plus tu manges, plus tu te fais vomir et plus tu te sens mal dans ta peau. Un cercle vicieux.

J’ai réalisé seulement il y a peu l’origine de ce comportement. J’ai analysé le pourquoi du comment et le dernier événement en date? Un sms de mon ex-mari qui me disait pour la énième fois qu’il ne pouvait pas payer les frais en commun que nous avions encore avec toujours sa gentillesse qui accompagne ses belles paroles qu’il a à mon égard. J’ai passé la journée à manger.

Et après chaque séance de « goinfrage » c’est la culpabilité qui s’installe. Moi, la fille sportive, posée, comment je peux en arriver à cette attitude primaire?

J’ai lu un livre très intéressant : Les kilos émotionnels, comment s’en libérer du Docteur Stéphane Clerget.

Le livre retrace les comportements alimentaires du stade de nourrisson à l’âge adulte.

Il détail les différents troubles alimentaires, les causes, les conséquences et les solutions qui ne sont pas miracles mais qui peuvent aider.

Derrière chaque maux se cache une raison, une émotion, une origine. On ne cherche pas à se faire vomir, à ne plus s’alimenter ou à s’empiffrer pour le plaisir de détruire sa santé et se faire du mal physiquement et psychologiquement.

Je ne vais pas vous redéfinir les différents type de TAC.

Ici, j’ai plutôt envie de vous parler des solutions, des petits trucs qui peuvent vous aider comme ce qui m’a aidé (enfin presque car ça reste toujours dans un coin de la tête):

Il faut déjà prendre conscience de votre attitude, de votre mal-être. Prendre du recul pour analyser l’élément déclencheur des crises de boulimie ou d’hyperphagie, ou le point de départ de votre arrêt alimentaire. C’est certainement le plus dur car de nombreuses personnes sont dans le dénis ou s’en aperçoivent très tardivement.

Identifier vos émotions au moment de la crise: colère, tristesse, ennuie, angoisse… Dans la plupart du temps, l’aliment remplace l’affect, manger comble un vide, c’est un moyen de s’occuper, un moyen de réconfort.

Lorsque j’ai arrêté le sport et que j’attendais des soirées entières seule à la maison, je mangeais devant la télé, un peu tout, pour m’occuper, pour combler le vide autour de moi, par ennui. J’ai vite repris du poids. Je ne me rendais même pas compte que cela me détruisait, que j’étais comme un « vide ordures ». En même temps, le miroir et la balance n’étaient pas franchement mes copains.

Manger, dépendre de la nourriture est une façon de compenser « concrètement ».

Je suis passée par a peu prés toutes les phases en onze ans.

Pour réussir à maîtriser ces pulsions, il faut apprendre à relativiser, Nous sommes souvent rongés par les regrets et les remords après une crise. Mais apprenez à relativiser vos fautes présentes ou passées. Les regrets ne sont pas sans intérêts. Ils donnent un certain recul sur la vie.

N’hésitez pas pas à vous faire aider par un professionnel ou à en parler à un proche, à votre confident(e). Attention si vous demandez de l’aide à un proche, ces derniers sont souvent moralisateurs ou n’auront pas forcément les bons mots, les bonnes réactions. Je sais que j’ai la chance d’avoir une personne à qui pouvoir me confier de tout et rien et pas une seule fois elle ne m’a jugée.

Les kilos de la dépression? La dépression est affaire de professionnels. Ceux qui souffrent de déprime ont tendance à prendre du poids car l’état dépressif entraîne un ralentissement général du corps et de l’esprit. C’est une sorte de phase d’hibernation: plus envie de sortir, plus envie de faire du sport, repli sur soi. Seul un médecin, l’écoute, éventuellement un traitement peuvent vous aider à sortir d’un état dépressif.

Les kilos de l’ennui? L’ennui est lassitude, un manque d’intérêt. C’est une sorte de paralysie de nos envies, de nos initiatives. Occupez vous l’esprit et les mains. Allez pratiquer une activité extérieure à votre domicile, loin de vos placard. Appelez un(e) ami(e), regarder un film, prenez un livre avec juste une boisson chaude, écoutez de la musique. Profitez en pour faire des choses que vous n’osiez pas.

Les kilos de la tristesse? La tristesse est une émotion simple. Il y a les tristesses récentes et les tristesses plus anciennes liées à l’enfance par exemple… Certain la refoule (je suis une grande spécialiste). Mais la tristesse n’est pas tout à fait inutile. Elle permet des fois de mettre un frein dans notre existence, elle permet de réfléchir sur soi, de se concentrer sur les aspects de notre vie, prendre conscience de ses erreurs. La tristesse peut laisser couler des larmes. Surtout, ne les retenez pas.  Faire barrage à ses larmes, c’est prendre le risque de se noyer dans son chagrin. Ayez de la compassion pour vous, cela évitera de vous consoler avec des aliments et gardez confiance en l’avenir.

Les kilos de l’anxiété? L’anxiété est source majeure de la prise de poids. Elle agit sur le comportement alimentaire en favorisant l’hyperphagie. L’anxiété est présente en toute occasion. Et on imagine bien que si elle pousse à manger pour l’apaiser, la prise de poids sera importante. Pour éviter cela, protégez vous. Apprenez à vivre au jour le jour sans vous projeter trop loin dans l’avenir, à décomposer une tâche qui vous semble énorme…

A chaque émotion, ses origines, ses conséquences et ses solutions.

En second lieu, demandez vous comment vous envisagez votre vie? Est-ce que vous avez encore la force de vivre comme çà ou est-ce que vous voulez reprendre les rennes de votre vie, en être l’acteur à part entière et vous donner une chance d’être heureux(euse) dans votre vie et dans votre corps?

Pour cela, donnez vous du temps. On ne maîtrise pas tout du jour au lendemain. Il faut parfois des années avant d’arriver à faire le point et à travailler la cause du mal-être. Laissez revenir progressivement la joie de vivre en vous. Recherchez les occasions de joie, de bien-être et de bonheur. Transgressez vos habitudes. Expérimentez des domaines qui vous sont inconnus. Faites vous du bien en pensées comme en actions. Apprenez à prendre soin de vous.

Pour apprendre le bonheur, il faut vous l’inventez. Créez votre propre bonheur.

Remettez vous au sport si vous aviez arrêté, acceptez les invitations que vous décliniez. Agissez sur votre apparence: maquillez vous, prenez soin de vous, aimez vous. Mettez vous à la méditation, à la relaxation pour apprendre à évacuer les sources de stress et d’angoisse, pour apprendre à vous recentrer sur vous.

Ecrivez pour extérioriser, écrivez ce que vous ressentez, vos émotions. Que ca soit positif ou négatif. J’ai un carnet sur ma table de chevet et j’ai entrepris d’écrire chaque soir mes petits bonheurs de la journée et on s’aperçoit qu’il y en a plein des moments positifs qui valent le coup de se bouger et d’avancer.

Apprenez à manger par plaisir et non pour vous faire du mal ou pour compenser. Les crises sont souvent liées à des restrictions alimentaires trop importantes. Autorisez vous des petits écarts sans culpabiliser, cela vous évitera de craquer.

Apprenez à vous dire que manger ne vous fera pas grossir, il suffit de manger des quantités normales, diversifiez votre alimentation. Notre corps a besoin de gras, de sucre. Choisissez simplement la qualité à la quantité: du sucre complet, du bon gras (avocat, purée d’oligéaneux…).

Souvenez-vous que les émotions et l’alimentation ne sont pas vos ennemis, les deux sont nécessaires. L’alimentation est notre essence, nos émotions sont ce qui font que nous sommes.

 

 

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