Amoureuse de la Sarra.

3h00 du matin, je me retourne dans le lit… Dans quelques heures, ça sera l’heure du départ. Cette course que finalement je n’ai pas préparé et que j’aborde en mode touriste me travaille un peu.

Mélange de hâte, d’appréhension, de folie, de peur… De la folie? Il en faut pour s’inscrire à une course de 12h00 qui en 6h00 l’année précédente m’avait laissé sans orteils, au bord du malaise…

Et ce genou qui fait mal depuis 10 jours… Tant pis… Je ferais de mon mieux… Silencieuse dans la voiture. le stress monte doucement, je ne réalise pas. Elle me semblait tellement loin cette course, tellement loin ce défis. La nuit a été courte, trop courte.

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Dossard retiré, un mélange de je ne sais quoi, là au creux du ventre. Un petit coucou à Johan, un aller /retour à la voiture, il est temps d’accrocher le dossard: 404. On voit passer les copains du 24h00 avec admiration… Voilà notre tour. Bras levés, applaudissements, mains jointes, je prie, je ne sais pas qui mais je me concentre, je regarde à droite, à gauche… 3, 2, 1… C’est parti.

Voilà, 5h déjà que je tourne comme un hamster. Je crois que j’aime cette course autant que je la déteste. Mais est-ce que je la déteste vraiment? Non, j’en suis tombée amoureuse. Je suis heureuse. Heureuse de retrouver ces escaliers qui m’en ont tant fait baver. Heureuse d’échanger avec les autres coureurs, heureuse de voir Arnaud à chaque tour. Il gère mon assistance comme personne. Toujours présent, je suis sa folle mais lui aussi cette année frôlera la fameuse piste de la Sarra et gravira les 563 marches! La musique tourne dans mes oreilles mais je ne l’entend pas.  Encourager Laurent, Valentin, Nico… Ces fous guerriers du 24h00. Je les admire tant!

Par moment présente, par moment absente, seule dans ma bulle, loin mais tellement loin de tout. Déconnectée de tout. Les kilomètres s’enchaînent. La moité de l’objectif est atteint. 35km déjà sans les voir passer.

Laurie, Marie-Thé, Isabelle, le bonheur de les voir, partager un tour… Fabien, Louise qui arrivent. Le coup d’envoi des 6h est envoyé.

Les fous furieux s’élancent dans la pente. les relais déboulent sur la piste.

Croiser les voisins venus encourager.

Tourner encore et encore, puis avant d’attaquer une énième fois l’escaliers voir cette silhouette qui n’est pas étrangère. Heureuse de trouver un compagnon de galère. Ludo, venu exprès pour tourner avec moi pendant prés d’une heure. Il me l’a promit, il est là! Il m’encourage, me soutien dans les escaliers et m’aide à relancer.

La famille, les amis, les autres coureurs, les bénévoles, tous sans exception rendent ce moment magique.

Au ravitaillement express, un des bénévoles m’a repéré « 404, sirop de citron » Toujours le sourire, toujours le mot, un ravitaillement à la hauteur de l’événement et des efforts fournis.

Je suis remontée 3e féminine du classement.

Je reprend le rythme. Puis vient le tour d’Eva, venue m’accompagner jusqu’à la fin. En la voyant, je sais que j’irais jusqu’au bout. Elle me parle, le temps passe vite, la nuit tombe accompagnée de la pluie. La danse des frontales commence avec la ville qui s’illumine en toile de fond. L’esplanade prend des airs de fêtes. La pente commence à glisser mais on s’accroche. Elle est mon ange gardien. « Eva, je ne suis pas venue pour un podium mais je veux garder ma 3e place ». Elle m’a promit que j’allais la garder. Elle me tient la main. Je monte les marches à son rythme. On court encore et encore. Elle me donne la force de tenir. Je relance les jambes. Comment? Je ne sais même plus.

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Les bénévoles en file dans l’escaliers nous acclament, nous applaudissent, les bougies installées donnent une ambiance indescriptible. J’absorbe chaque moment, chaque minute, chaque seconde.

Puis vient le dernier tour. Pas d’arrêt au ravitaillement, Je relâche, l’envie de vomir arrive. Eva m’interdit de le faire, « attends l’arrivée ». On accélère. Et là, Arnaud nous attend. Il est venu à notre rencontre, il est venu pour passer cette ligne d’arrivée avec moi.

Main dans la main, entourée de mon ange gardien et de mon premier supporter, un cri de joie, de rage qui vient du cœur, des tripes en franchissant l’arche. La fumée, les spots lumineux, la musique, l’euphorie de l’esplanade, c’est fini!

La deuxième marche du podium, grâce à vous tous. Je ne réalise pas, je les tiens, je pleure…de joie…de fatigue. Moment immortalisé. La plus belle des photos de cette course inoubliable.

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Après 15 jours, je ne réalise toujours pas. La seule chose que je sais c’est que je l’ai fais, j’en suis capable. La seule chose que je sais c’est que je n’arrive pas à me souvenir d’un seul moment négatif pendant ces 12h00.

Que de l’extraordinaire, que de l’amour, que du partage, de l’amitié, du dépassement de sois, des larmes de joie et du bonheur, beaucoup de bonheur!

Photos: Johan Judith C dans la Boîte

 

 

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